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Taxe d’apprentissage : ce que les dirigeants doivent faire maintenant
Juin 2026 / Temps de lecture estimé : 3 minute(s)
La taxe d’apprentissage ne s’arrête pas au paiement. Pour les dirigeants, l’enjeu est désormais très concret : vérifier que la déclaration a bien été sécurisée, puis utiliser SOLTéA pour affecter le solde aux établissements qu’ils souhaitent soutenir. Cette étape mérite d’être anticipée, car elle permet de garder la main sur l’utilisation d’une contribution obligatoire et de l’orienter vers des formations utiles à l’entreprise. Le solde de 0,09 % dû au titre des rémunérations 2025 a été déclaré sur la DSN d’avril 2026 puis payé en mai 2026 à l’Urssaf ou à la MSA.
Vérifier que la déclaration et le paiement sont bien sécurisés
En régime général, la taxe d’apprentissage représente 0,68 % de la masse salariale, soit une part principale de 0,59 % et un solde de 0,09 %. Ce solde a été déclaré via la DSN d’avril 2026 puis payé en mai 2026. Il était exigible le 5 mai 2026 pour les entreprises d’au moins 50 salariés qui ne pratiquent pas le décalage de paie, ou le 15 mai 2026 dans les autres cas.
Avant d’aller plus loin, le dirigeant a donc intérêt à valider trois points :
- la DSN a bien été transmise ;
- le paiement a bien été effectué ;
- aucune anomalie n’est en cours de traitement côté paie ou cabinet comptable.
Cette vérification est essentielle. Si un écart subsiste, l’entreprise risque de découvrir trop tard qu’aucun montant n’est disponible pour la suite. Le bon réflexe consiste donc à demander une confirmation claire au cabinet social ou à la personne en charge de la paie, puis à conserver ce justificatif dans le dossier social de l’entreprise.
Il faut aussi garder en tête un cas particulier : en Alsace-Moselle, le taux applicable est de 0,44 % de la masse salariale. Le libellé officiel est très clair : le solde de la taxe d’apprentissage n’est pas dû en Alsace-Moselle.
Utiliser SOLTéA comme un levier utile, pas comme une simple formalité
Une fois le solde déclaré et payé, l’entreprise peut choisir les établissements habilités qui en bénéficieront. Cette répartition se fait exclusivement sur SOLTéA. La campagne 2026 a ouvert le 26 mai 2026. La première période de répartition court jusqu’au 21 août 2026. Une seconde période est ensuite prévue du 3 septembre 2026 au 21 octobre 2026.
Pour une TPE, cette étape ne doit pas être traitée comme une case administrative de plus. Elle peut devenir un vrai levier de proximité. Le dirigeant peut soutenir des établissements qui forment déjà, ou formeront demain, les profils utiles à son activité.
La bonne question à se poser est simple : quelles formations alimentent réellement mes futurs recrutements ?
Selon l’activité de l’entreprise, cela peut conduire à privilégier :
- un CFA de proximité ;
- un lycée professionnel ;
- une école technique ;
- un organisme de formation habilité en lien direct avec le métier.
En procédant ainsi, la taxe d’apprentissage prend une autre dimension. Elle ne reste pas une charge subie. Elle devient un moyen concret de soutenir un bassin de compétences, de renforcer des partenariats locaux et d’agir avec cohérence par rapport aux besoins de l’entreprise. Service-Public rappelle d’ailleurs que l’entreprise choisit sur SOLTéA les établissements et formations figurant sur une liste nationale, ainsi que la part qu’elle souhaite leur allouer.
Intégrer la nouveauté 2026 pour les structures non lucratives
Un point nouveau mérite d’être signalé en 2026. Les associations, organismes, fondations, fonds de dotation, congrégations et syndicats à activités non lucratives sont désormais assujettis à la taxe d’apprentissage, la loi de finances pour 2026 ayant supprimé l’exonération qui leur était applicable.
Pour les dirigeants concernés, cette évolution n’est pas neutre. Elle peut créer une obligation nouvelle, avec un impact direct sur la paie, les déclarations et le suivi administratif. Les structures qui n’étaient pas jusque-là concernées ont donc tout intérêt à faire rapidement un point avec leur expert-comptable ou leur interlocuteur Urssaf afin de valider leur situation et le traitement à appliquer.
Ce qu’il faut faire maintenant
Le sujet peut se piloter simplement, à condition de ne pas attendre la rentrée. Une entreprise paiera la taxe dans tous les cas. En revanche, elle peut encore décider à qui le solde profitera.
La feuille de route est donc claire :
- vérifier que la déclaration et le paiement ont bien été effectués ;
- s’assurer que l’accès à SOLTéA est opérationnel ;
- identifier les établissements à soutenir ;
- arrêter une décision avant le 21 août 2026.
Ce point est décisif, car les fonds non répartis ne restent pas en attente. Le calendrier officiel prévoit un versement complémentaire à partir du 26 novembre 2026 pour répartir les crédits des employeurs n’ayant émis aucun vœu d’affectation. Et cette répartition n’est pas neutre : ces fonds servent à financer des formations préparant aux 10 métiers les plus en tension, dans des établissements situés dans la région de l’entreprise concernée. Autrement dit, ne pas choisir revient à laisser une règle nationale décider à la place du dirigeant.
Mieux vaut donc traiter ce sujet dès maintenant. C’est la façon la plus simple de transformer une obligation en décision utile, au service des recrutements, de l’activité et de l’ancrage local de l’entreprise.
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